Huguette CONESSA
Toulouse, le 09.03.88
2, chemin F.MAURIAC
3l100 TOULOUSE
Cher Monsieur le Pépiniériste
Etant une fervente adoratrice des clafoutis, et autres confitures de cerises,
aussi bien que des grandes platées de cerises rouges et brillantes, j'ai
décidé, il y a déjà quelques mois, d'investir dans
un cerisier.
Je me suis alors rendue chez vous, où, après avoir été accueillie très gentiment et avec force conseils, je suis repartie serrant contre mon cur MON cerisier.
Le jour même, je me mis à l'uvre, et, bientôt, le cerisier se dressait fièrement au beau milieu de mon petit jardinet.
Aussitôt, je m'installais confortablement en face de ce bel arbre, et me mis à l'observer, ne voulant rien perdre du fabuleux spectacle qui allait s'offrir à moi.
Las, après quelques heures d'attente, je dus admettre qu'aucune cerise n'avait encore poussé.
J'hésitais à partir, craignant que les cerises ne sortent en mon absence, mais la nuit me força à rentrer chez moi.
La rage au cur, je téléphonais alors à une amie, à qui je savais la même passion que moi pour l'agriculture.
Celle-ci me conseilla d'attendre un peu...
Le lendemain, prise d'un doute subi, j'allais vérifier si j'avais bien respecté toutes les consignes. Je sortis le cerisier de son trou, afin de vérifier que tout allait bien ; mais, selon toute vraisemblance je l'avais bien mis dans le bon sens.
Les semaines passèrent , et malgré les prières ardentes que j' adressais au seigneur, et l'amour que je portais à mon cerisier, rien ne se passait. Oh, je suppose bien que vous devez mettre ma parole en doute, et penser que j'essaie de vous soutirer de l'argent en faisant jouer la garantie. Je vous assure pourtant, que mon cerisier n'avait rien produit. Pire que cela, il paraissait inerte, comme mort.
Aujourd'hui encore, et malgré mes fréquents essais de replantages en divers endroits du jardin, rien ne se passe, et en plus de l'espoir je perds le sommeil et l'appétit. Adieu mes rêves de marmelades, de tartes....
C'est pourquoi, je viens vous supplier de faire quelque chose pour moi. Un autre cerisier, en meilleur état de marche me comblerait de bonheur. Il va de soi que vous pourrez récupérer le premier dans le but de le réparer, si cela vous parait possible.
Dans l'espoir que vous ne me laisserez pas sans nouvelles, je vous prie d'agréer, Monsieur le Pépiniériste, l'expression de mes sentiments les plus respectueux.
H. CONESSA
Voici la réponse du pépiniériste qui ne s'est pas fait attendre !
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